Quand on voit passer la Marche des Fiertés, beaucoup pensent à un grand défilé coloré, parfois provocateur, et se demandent : « À quoi ça sert encore aujourd’hui ? » Pourtant, peu savent comment tout a commencé, ni pourquoi c’est toujours important.
Dans les années 60, dans de nombreux États américains, il était interdit pour deux hommes ou deux femmes de danser ensemble. La police faisait régulièrement des descentes dans les bars fréquentés par celles et ceux qui n’avaient pas le droit d’aimer au grand jour. Lors de ces descentes, les lumières étaient allumées brutalement, les clients alignés et fouillés, et beaucoup finissaient menottés, parfois frappés, souvent fichés, avec des conséquences dramatiques sur leur vie personnelle et professionnelle.
En juin 1969, à New York, lors d’une énième descente au Stonewall Inn, quelque chose a changé : au lieu de subir, les clients ont résisté. Leur colère a attiré des centaines de personnes dehors, et pendant plusieurs nuits, le quartier s’est embrasé. Ces émeutes sont devenues un symbole, un cri collectif pour la dignité et le droit d’exister sans honte.
Un an plus tard, pour marquer cette révolte, la première marche a été organisée. Depuis, les Marches des Fiertés se sont multipliées à travers le monde. Elles rappellent que la liberté d’être soi-même ne va pas de soi partout, ni même toujours chez nous.
En France, il faut se souvenir qu’il a fallu attendre 1982, sous la présidence de François Mitterrand, pour que l’homosexualité soit dépénalisée, grâce à l’abolition de l’article 331 alinéa 2 du Code pénal, qui permettait de sanctionner les relations entre adultes de même sexe. Un pas historique, mais relativement récent !
Pourtant, encore aujourd’hui, en France, plus de 4 000 personnes déclarent chaque année avoir été victimes d’agressions liées à leur orientation ou identité et ces chiffres sont largement sous-estimés, car beaucoup n’osent pas porter plainte. Selon les associations, ces violences peuvent aller de l’insulte aux coups, et touchent toutes les générations.
La Marche des Fiertés n’est donc pas « juste une fête ». Derrière la musique et les drapeaux colorés, elle porte un message clair : personne ne devrait être contraint de vivre dans la peur ou la honte à cause de ce qu’il est ou de qui il aime. Comprendre cette histoire, c’est déjà changer de regard.

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