La délinquance est souvent au chœur des débats, récemment vous avez pu entendre ou lire des affirmations catégoriques, voire alarmistes, visant à établir un lien direct et simpliste entre l’immigration et la criminalité. Aujourd’hui, nous allons déconstruire ces raccourcis en nous appuyant sur les données officielles des services de l’État français, comme le Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure (SSMSI).
Les chiffres bruts du SSMSI, montrent une surreprésentation des personnes de nationalité étrangère parmi les mis en cause pour crimes et délits en France. En 2019, les étrangers représentaient environ 7% de la population résidente, mais 18% des personnes mises en cause. En 2023, cette proportion est restée stable à 17%. Ce sont des faits.
C’est ici que la manipulation commence car sortir des chiffres de leur contexte, c’est détourner leur sens réel et alimenter des récits trompeurs.
Ce que les statistiques officielles expliquent
Les mêmes rapports du SSMSI, ainsi que les analyses de l’INSEE et d’experts reconnus, fournissent des explications claires à cette surreprésentation, explications malheureusement trop souvent « oubliées » par ceux qui cherchent à instrumentaliser le sujet :
Tout d’abord il faut savoir qu’une part non négligeable (78% du total des mis en cause) des infractions commises par des étrangers sont des infractions à la législation sur les étrangers (ILE). Par définition, un citoyen français ne peut pas être en situation irrégulière ou entrer illégalement sur le territoire. Ces délits spécifiques aux non-nationaux gonflent mécaniquement leur part dans les statistiques globales des « mises en cause ».
Les manipuler sans le préciser, c’est déjà fausser le tableau.
La réalité des statistiques reflète aussi les modalités de l’action policière. Les personnes étrangères, ou perçues comme telles, sont statistiquement plus sujettes aux contrôles d’identité, notamment dans l’espace public. Plus de contrôles peuvent mécaniquement entraîner plus de découvertes d’infractions, qu’elles soient liées à la situation administrative ou à d’autres délits.
Ce n’est donc pas une preuve d’une délinquance intrinsèquement plus élevée.
Les facteurs socio-économiques et démographiques sont des points essentiels.
Les populations étrangères, en particulier les nouveaux arrivants ou ceux en situation irrégulière, sont souvent plus exposées à la précarité, au chômage et à la marginalisation sociale. Or, la pauvreté, la relégation urbaine et l’exclusion sont des facteurs de risque reconnus de délinquance, pour n’importe quel individu, quelle que soit sa nationalité. De plus, la population étrangère est globalement plus jeune et plus masculine que la population française des catégories d’âge et de sexe qui sont, statistiquement, plus souvent impliquées dans des faits de délinquance, là encore, indépendamment de leur nationalité.
Les données montrent que la surreprésentation des étrangers est plus marquée pour certaines infractions, comme les vols sans violence ou certaines escroqueries, qui peuvent être liées à des situations de survie ou à des formes de délinquance organisée transfrontalière. En revanche, pour des crimes comme les violences intrafamiliales, les mis en cause sont très majoritairement de nationalité française.
Ne Cédons Pas à la Simplification Dangereuse
Lorsque des partis politiques ou des « organes de déstabilisation » brandissent des chiffres bruts sur la délinquance des étrangers sans apporter ces nuances cruciales, ils ne cherchent pas à informer. Ils cherchent à stigmatiser une population entière, à créer des divisions, à alimenter la peur et, in fine, à détourner l’attention des vraies causes et des solutions complexes aux problèmes de sécurité et de cohésion sociale.
Notre rôle, en tant que citoyens est de rester vigilants. Exigeons la contextualisation des données, posons les bonnes questions et refusons les amalgames faciles. La sécurité est un enjeu sérieux qui mérite mieux que des chiffres tronqués et des arguments simplistes.
Plus que jamais, le piège de la désinformation menace notre cohésion sociale. Stigmatiser ainsi une partie de la population engendre des peurs au sein de communautés qui ont toujours vécu côte à côte jusqu’à aujourd’hui. Plutôt que de céder à ces discours, notre devoir est de rester lucides, d’exiger la vérité et, surtout, de ne pas nous laisser diviser.
La vraie solution vous paraitra simple mais elle est bien réelle : soyons solidaires et réapprenons à vivre ensemble, au-delà des différences de religion, de couleur de peau ou d’origine. C’est là que réside notre force collective
Pour des informations complètes et nuancées, nous vous invitons à consulter directement les rapports officiels du SSMSI sur le site du Ministère de l’Intérieur et de l’INSEE.

https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Le-SSMSI


