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Historiquement, avant que les troubles psychiques ne deviennent synonymes de danger ou de folie, d’autres civilisations les considéraient comme des réalités humaines. Ainsi, les personnes concernées ne vivaient ni la honte ni l’isolement ; au contraire, la communauté les accompagnait et les intégrait au collectif. De plus, cette intégration sociale permettait de préserver la cohésion du groupe.
Grèce antique : comprendre avant d’exclure
Vers -400, Hippocrate rejette les explications surnaturelles : pour lui, les troubles mentaux proviennent d’un déséquilibre des “humeurs” du corps.
Il fonde une médecine rationnelle, où l’on soigne l’âme par le corps et le corps par la parole.
Platon, dans Phèdre et Ion, évoque une “divine folie” : celle qui touche les poètes, les mystiques, les amoureux.
Elle ne doit écoutée.
Réf. : Hippocrate, Corpus Hippocraticum (~ -400) / Platon, Phèdre (~ -370)
Monde arabo-musulman : premiers soins de l’esprit
Au Xe siècle, des hôpitaux spécialisés apparaissent à Bagdad, Damas, Le Caire.
On y accueille les malades mentaux sans jugement, avec des soins fondés sur la musique, l’eau, la parole et l’astrologie médicale.
On parle de “maladies de l’âme”, soignables, humaines.
L’un des pionniers, Al-Razi (865–925), psychiatre et philosophe, rejette l’idée que la folie soit un châtiment divin. Il prescrit des environnements apaisants et une écoute bienveillante.
Réf. : Al-Razi, Kitab al-Hawi ; Jonathan Glover, Humanity – A Moral History of the Twentieth Century, 1999
Inde ancienne : retrouver l’harmonie
Dans l’Ayurveda — élaborée entre 1500 et 500 av. J.-C. l’équilibre entre le corps, l’esprit (manas) et l’âme (atman) constitue un pilier de la santé. Plus précisément, selon cette tradition, les troubles psychiques proviennent soit d’un déséquilibre des doshas (forces vitales), soit de traumatismes émotionnels. Concrètement, les soins combinent plantes médicinales, alimentation adaptée, rituels et méditation.
Réf. : Charaka Samhita (~ -300), traité de médecine ayurvédique / WHO Global Report on Traditional and Complementary Medicine 2019
Peuples premiers : un passage, pas une pathologie
Chez les Inuits, les Maoris ou certains peuples d’Afrique et d’Amazonie, les crises psychiques s’interprètent comme des appels du monde spirituel ou comme des déséquilibres sociaux. La communauté les vit collectivement, parfois comme de véritables passages initiatiques
Le rôle du chamane, du guérisseur ou du cercle communautaire est central.
Réf. : Georges Devereux, Ethnopsychiatrie générale, 1970 / Tobie Nathan, La nouvelle interprétation des rêves, 2011
Avant l’asile, la souffrance mentale n’était ni médicalisée à outrance, ni considérée comme honteuse.
Elle faisait partie de la vie, et non du danger.
Comprendre cela, c’est retrouver une mémoire oubliée celle d’une humanité capable d’écouter sans exclure.
https://solidarites.gouv.fr/la-sante-mentale-grande-cause-nationale-2025



